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Investissements fossiles des principales banques belges

INFOGRAPHIC

Notre étude

A l’horizon 2030 se profile une ‘bulle du carbone’ en comparaison de laquelle la bulle de l’Internet et la bulle de l’immobilier passeront pour des faits divers. Les investissements dans les combustibles fossiles risquent de se déprécier très rapidement en raison, d’une part, d’une prise de conscience croissante des enjeux climatiques, et d’autre part, de facteurs économiques.

Entre-temps, le délai dont nous disposons pour maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 1,5 ou 2 degrés s’écoule à toute vitesse.

Les banques peuvent jouer un rôle important dans l’indispensable transition vers une économie bas carbone en régulant et en freinant les financements qu’elles accordent aux secteurs du charbon, du pétrole et du gaz. Les autorités publiques ont elles aussi une responsabilité importante à cet égard. Elles doivent en effet créer le cadre nécessaire pour permettre la transition vers une économie pauvre en carbone.

Dans ce document, nous présenterons les résultats de l’étude que nous avons réalisée sur le financement des combustibles fossiles par les quatre plus grandes banques de Belgique. Nous commencerons par un exposé général de la problématique et terminerons par des recommandations concrètes à l’usage des banques et des autorités publiques.

L'étude en pdf

Communiqué de presse

Les banques belges investissent encore plus de 40 milliards d'euros dans les énergies fossiles

 

Bruxelles, le 19 avril 2017 - Plus de 40 milliards d’euros, c’est la somme totale que les quatre plus grandes banques belges - BNP Paribas, ING, KBC et Belfius - investissent dans les combustibles fossiles. La Coalition Climat lance une campagne nationale auprès du grand public pour les appeler à abandonner au plus vite ces investissements néfastes. Car, s’il est désormais acquis que ces énergies ont un impact considérable sur le climat, il est moins connu qu’investir dans celles-ci constitue un réel risque financier, communément appelé “bulle du carbone”.

“Bien que les investissements dans les énergies durables augmentent d’année en année, ceux effectués dans le secteur des énergies fossiles restent encore beaucoup trop importants”, explique Sarah Schlitz, co-présidente de la Coalition Climat. “De plus en plus de citoyen.ne.s s’y opposent. Par cette campagne, nous voulons leur donner une voix et inciter les banques à désinvestir le secteur fossile.”

Une étude commandée par la Coalition Climat [1] démontre que les quatre plus grandes banques de notre pays financent encore et toujours les combustibles fossiles à hauteur d’un montant très élevé: plus de 40 milliards d’euros investis dans les 100 plus grandes entreprises du secteur des énergies fossiles. Il est particulièrement inquiétant que près de la moitié de cette somme (19,41 milliards d’euros) soit destinée au charbon, l’énergie fossile la plus polluante.

 

(en milliards d’euros) BNP Paribas ING KBC Belfius
Emprunts 6,01 3,26 0,38 -
Emission d’obligations et actions 19,76 3,80 0,17 -
Portefeuille d’actions 4,61 0,09 1,67 0,70 (via Candriam)
Total 30,37 7,14 2,22 0,70

 

“La science est unanime: nous devons absolument rompre notre dépendance aux énergies fossiles si nous voulons éviter des changements climatiques dangereux”, affirme Mathieu Soete, expert en Désinvestissement chez Greenpeace Belgique. “Les banques ont un rôle crucial à jouer dans la transition nécessaire vers une économie et une société avec 100% d’énergies renouvelables. C’est pourquoi la Coalition Climat lance aujourd’hui une pétition sur www.banqueroute.be qui invite les client.e.s et citoyen.ne.s à mettre leur banque sur la bonne route.” [2]

Les énergies fossiles occasionnent des dommages graves et irréversibles pour le climat, les populations et l’environnement, et de plus en plus d’experts reconnaissent qu’investir dans celles-ci constitue un risque financier. Ainsi BlackRock, le plus grand gestionnaire de patrimoine au monde, a-t-il indiqué le danger des ‘stranded assets’: des combustibles ou centrales fossiles qui coûteront bientôt plus que ce qu’elles ne rapporteront. [3]

Frank Vanaerschot, coordinateur des recherches sur les banques chez Fairfin, conclut: “Considérant le budget carbone disponible suite à l’accord climatique de Paris, 85% des réserves de charbon, pétrole et gaz connues à ce jour doivent rester dans le sol. D’un point de vue économique, elles ne valent donc plus rien. Continuer à investir dans celles-ci relèverait d’une politique financière irresponsable.” [4]

Notes:

[1] Durant la période 2014-16 BNP Paribas, ING, KBC et Belfius ont investi ensemble plus de 40 milliards d’euros dans 100 entreprises importantes du secteur des combustibles fossiles, notamment les entreprises avec les plus importantes réserves de charbon et pétrole (chaque fois le top 25), et les entreprises d’électricité avec la capacité de production la plus élevée sur base de charbon (top 25 mondialement et en Europe).

Ces investissements contiennent aussi des émissions d’actions et d’obligations, que les banques n’ont eu en possession que pour peu de temps. Ces émissions facilitent en grande partie le financement de projets et d’entreprises d’énergies fossiles et ont été incluses dans l’étude pour cette raison.
Le dossier complet est disponible ici: “Des banques zéro fossile pour lutter contre la bulle du carbone” Les chiffres détaillés sont disponibles sur demande.

[2] Sur www.banqueroute.be les clients et citoyens peuvent écrire aux quatre banques pour leur demander d’abandonner le plus rapidement possible leurs investissements dans les énergies fossiles.

[3] BlackRock, Adapting portfolios to climate change (2016), PDF

[4] Oil Change International, The sky’s limit (2016), PDF

La Coalition Climat est une plateforme nationale qui regroupe 62 membres du mouvement environnemental, de développement, des syndicats et d’organisations socio-culturelles. Plus d’informations sur www.coalitionclimat.be.

Contact:
Sarah Schlitz
Co-présidente Coalition Climat
0472/42. 87. 83.
s.schlitz@iew.be

Désinvestir?

En quoi consiste le désinvestissement?

Désinvestir signifie : ne plus investir, ne plus financer une activité. La Coalition Climat veut convaincre les quatre plus grandes banques belges de ne plus octroyer de financement au secteur des combustibles fossiles : charbon, pétrole et gaz naturel.

Pour les banques, désinvestir des énergies fossiles signifie concrètement qu’elles vont retirer l’argent qui va maintenant vers les combustibles fossiles. Elles ne font plus de prêts ni n’octroient d’autres formes de financement aux entreprises impliquées dans l’exploitation et l’utilisation des combustibles fossiles. Leurs fonds d’investissement et leurs autres investisseurs n’investissent plus dans les actions et les obligations de ce genre d’entreprise.

Ceci répond à la promesse faite dans l’Accord de Paris de rendre les flux financiers compatibles avec un développement bas-carbone nécessaire pour prévenir le réchauffement du climat. L’émission de gaz à effet de serre par l’utilisation de combustibles fossiles est en effet la cause principale du réchauffement du climat. Les investissements dans les énergies renouvelables sont évidemment cruciaux, mais la diminution des investissements dans les combustibles fossiles est tout aussi indispensable pour maintenir le réchauffement du climat en-dessous de 1,5 degré. Pour cela, plus de 85 pourcent des réserves existantes doivent rester dans le sol. Nous ne pouvons donc plus investir dans des entreprises qui poursuivent l’exploitation et l’utilisation de ces réserves.

Qui désinvestit déjà à ce jour ?

Mondialement, plus de 700 universités, conseils municipaux, groupes confessionnels, ONG et fonds de pension ont décidé de désinvestir du secteur des énergies fossiles. Parmi eux, d’importantes universités telles que Stanford, Oxford, Cambridge, London School of Economics, mais également le Guardian Media Group, le fonds de pension norvégien (le plus grand du monde) et le Rockefeller Brothers Fund.

La CCNUCC (convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) a également exprimé son soutien au désinvestissement, tout comme le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon.

En Belgique, la KUL et l’ULg se sont engagées à désinvestir : ces deux universités vont se défaire des participations aux entreprises fossiles qu’elles ont encore en portefeuille. UGent a également annoncé qu’elle prépare le désinvestissement, et en préparation de la COP21 de Paris, la VUB a étudié dans quelle mesure un investissement dans fossile est possible.

Lisez-en plus sur le site du mouvement international Fossil Free.

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